La notion de la beauté
Qu’est-ce qui est beau ? Qu’est-ce qui est laid ?
« Tout ce qui est beau nous stimule et nous éclaire, parvenant ainsi, momentanément, à réconcilier notre sensibilité et notre intelligence ».
Nous ressentons tous du plaisir esthétique devant des objets, des personnes ou des œuvres d’art.
Cependant, la question qui fait difficulté est celle de l’universalité du goût : peut-on définir une norme ou une mesure du goût ? Est-ce que le beau renvoi à ce qu’il y a d’agréable dans une chose ? La laideur peut-elle avoir une valeur esthétique ? Et surtout, comment définir le beau ? En quoi le plaisir esthétique se distingue-t-il de tout autre plaisir ? Quelle est la nature même du plaisir esthétique ? Le beau est-il une propriété des choses ? Enfin, est-ce que la consommation de masse ne réinvestie pas la dimension esthétique d’un objet ?
Pour répondre à ces questions, nous nous sommes tout d’abord intéressés à ce que représente la beauté dans notre société marocaine, ensuite nous avons essayé de « penser » la beauté, pour enfin analyser le phénomène de normalisation du goût que nous subissons aujourd’hui.
Témoignages
Pour traiter ce sujet, nous avons interrogé des passants dans les rues casablancaises afin d’essayer de comprendre qu’elle est le concept de beauté commun au Maroc.
Mohamed, 17 ans, lycéen
« Pour moi, une belle fille c’est une fille qui a de la classe. Elle doit être féminine… elle doit dégager un charme physique, avoir du sex-appeal, ce que je ne peux expliquer ».
Amine, 17 ans, lycéen
« Simple, mince, qui a du charme, séduisante, naturelle… Pour moi, le prototype de la femme fatale c’est la brune aux yeux bleus ».
Hind, 21 ans, étudiante
« Pour moi la beauté c’est quand une personne assume ce qu’elle est, c’est quand quelq’un est sûr de lui et qu’il gère son image. Je ne pense pas que la laideur existe mais je pense que les gens qui ne sont pas beaux physiquement sont ceux qui essayent de donner une image qui n’est pas la leur, d’être ce qu’ils ne sont pas ».
Antonio (Barcelone – Espagne), 25 ans, entrepreneur
« Una cosa muy bonita ! Pour la beauté extérieure, tout se passe dans le regard et cela dépend de la personne, de sa beauté intérieure ! Même si tu es miss univers, des gens peuvent te trouver moche ! Donc la beauté est très relative. Mais pour moi, les plus belles femmes restent les brunes aux yeux bleus, ou la Samia ».
Jamila, 28 ans, Femme de ménage
« La beauté d’une personne c’est quand il y a une harmonie dans le tout. Être mince c’est aussi très important car ça prouve qu’on prend soin de soi, et en plus tout nous va. Être beau c’est être « Makboul et Mabchour » ».
Mariam (Mali), 16 ans, étudiante
« Au Mali, on dit que la beauté se trouve dans le cœur, dans un bon caractère, serviable et gentil… Pour les maliens une belle femme c0est une femme qui ne se laisse pas faire, c’est-à-dire qui ne se donne pas. Pour eux la beauté physique ne compte pas ».
Abdelhadi, 29 ans, comptable
« C’est moi ! »
Yasmine, 24 ans, étudiante à l’étranger
« La beauté est indéfinissable, c’est une question de goûts, je peux trouver qu’une femme est belle mais quelqu’un d’autre ne va pas partager mon avis. »
Othmane, 26 ans, commercial
« La beauté pour moi c’est la pudeur et la pureté. Mais mon idéal féminin c’est les brunes, cheveux châtins et les yeux noirs ».
Yassine, 22 ans, étudiant
« J’ai pas de critères, mais c’est l’assemblage d’un tout qui forme la beauté. C’est carrément olfactif, c’est des choses que l’on sent en fonction de l’alchimie qu’on partage avec certaines personnes ».
Hicham, 24 ans, homosexuel de profession
« Une belle femme c’est une grande femme à la peau très claire et aux cheveux bruns. CE que je vais dire est contradictoire mais l’intérieur est la plus belle forme de beauté qui puisse exister. Les belles femmes sont celles qui ont un bon fond ».
1ère Partie :
La beauté vue par les philosophes
Dès l’Antiquité, la pensée platonicienne nous interroge sur la nature de l’expérience de la beauté. Car, s’il est vrai que nous n’éprouvons le beau que par les voies de la sensibilité, cette expérience n’en semble pas moins renvoyer à des normes absolues et universelles qui échappent aux événements singuliers qui la révèlent. Par exemple, si deux interlocuteurs s’opposent sur la question de savoir si telle chose est belle, encore faut-il qu’ils aient une idée commune de la beauté pour pouvoir ainsi s’opposer. C’est pour cela que Socrate ne posera pas la question de « qu’est-ce qui est beau » à Hippias mais de « qu’est-ce que le beau ? ».
1) L’approche kantienne :
Pour définir ce qui est beau, Kant commence par dire ce qu’il n’est pas. Pour lui, il existe trois modes de satisfaction qui sont liés à trois sortes de plaisirs : le bon, l’agréable et l’utile ; mais qu’il ne faut surtout pas confondre, même si une personne, un objet, une situation peuvent être à la fois belles, agréables, utiles ou bonnes.
· L’agréable : plaisir personnel, sensible et intellectuel. Il se fonde sur un sentiment personnel et est restreint à la personne qui se prononce. Les animaux aussi le ressentent car il renvoie aux sens.
· L’utile : plaisir qui renvoi à la satisfaction d’un besoin. Il remplit donc une fonction précise.
· Le bon : plaisir qui renvoi à un jugement d’estime, à une valeur objective et qui est reconnue comme telle.
Le rapport au plaisir et à la peine n’est pas le même dans ces trois modes. Certes ce n’est jamais du même plaisir qu’il s’agit, mais les trois se détachent du beau dans la mesure ou ce dernier n’est pas un concept, mais un jugement personnel et subjectif.
Seuls les hommes sont aptes à juger de ce qui est beau ou laid car un animal est incapable d’éprouver une sensation de plaisir devant quelque chose de beau. D’ailleurs, nous pouvons constater chez les animaux qu’il n’y a aucune connotation esthétique dans le choix d’un partenaire sexuel. Par conséquent, le beau renvoi à l’esprit, même si nous sommes capables d’éprouver des sensations qui renvoient à notre nature animale.
Le jugement qui renvoi au beau est contemplatif et est indifférent à l’existence du sujet ou de l’objet lui-même car il est possible par exemple de trouver belle la laideur qui se trouve représentée dans une toile. Ce n’est pas devant l’horreur représentée par Goya dans son œuvre Les Massacres Napoléoniens que l’on s’extasie mais devant sa représentation esthétique. On peut aussi se poser la question de Néron qui se plaît à contempler Rome qui brûle : s’agit-il de beauté ou de pathologie ? Autre exemple : Socrate était laid mais ses disciples le trouvaient beau, de même pour Gainsbourg qui malgrè sa laideur arrivait à séduire un grand nombre de femmes. Le beau ne renvoi donc pas uniquement au physique, d’où l’expression de « beauté intérieure », ni à l’objet en lui-même.
Cependant, lorsque l’on dit d’une personne ou d’une chose qu’elle est belle, on recherche à ce que l’autre partage ce sentiment que l’on éprouve car on croît que toute personne peut la considérer comme telle. On considère que la beauté appartient à la chose elle-même et on présuppose que le beau est une propriété des choses. Or, la beauté de la chose visée se trouve en vérité dans le rapport que l’on entretient avec elle ; mais il y a la volonté d’impliquer l’assentiment d’autrui afin que nos sentiments soient partagés. Celui qui trouve une chose belle ne la juge pas simplement pour lui mais pour tout le monde et ne considère pas que son jugement est subjectif. C’est le côté mystérieux du plaisir esthétique. On accepte qu’autrui n’éprouve pas le même plaisir sensible que nous alors que l’on exige qu’il reconnaisse la beauté d’une chose et donc, qu’il partage le même plaisir esthétique que nous. Par conséquent, le beau et le plaisir esthétique qu’il engendre entraînent une exigence de l’universalité de la chose dans la mesure où ce plaisir n’est pas égoïste et que l’on veut à tout prix le partager. Toutefois, le plaisir esthétique se distingue de l’agréable car le rapport au beau est forcément personnel et subjectif.
« Le beau est ce qui plaît universellement et sans concept », Kant. C’est ainsi que le philosophe a défini la notion de la beauté, en expliquant que le beau ne saurait être un concept puisqu’il ne peut être démontré. Et si l’on dit que « les goûts et les couleurs ne se discutent pas », c’est précisemment parce que le beau et le laid sont des jugements personnels propres à chacun.
2) L’approche de Hegel :
Le beau est universel pour Friedrich Hegel comme pour Emmanuel Kant. Ce dernier rappelle qu’il y a effectivement un mystère, une irrationalité, maintes fois soulignées, du plaisir esthétique. Cependant, le philosophe s’est particulièrement intéressé à la beauté artistique pour se positionner par rapport à cette notion de beauté. Il nous explique que l’œuvre d’art a toujours une dimension universelle. Mais l’univers « sur-réel », plutôt qu’irréel, de l’art n’est ni un fantasme ni une utopie. Il constitue plutôt l’approfondissement de « tout ce qui existe dans l’esprit humain » et que l’art a précisemment pour tâche de représenter en l’inscrivant dans la matière sensible. Ne répondant à aucun besoin vital, les œuvres d’art ne sont pas des productions arbitraires, « narcissiques » ou « asociales ». L’art répond plutôt à certaines des aspirations les plus fondamentales des hommes, ce qui explique que l’œuvre d’un individu puisse en toucher des milliers d’autres, malgré les distances géographiques et les siècles qui peuvent les séparer. Et c’est en cela que la beauté rapproche les hommes.
En outre, la beauté esthétique pour Hegel naît de l’esprit et l’esprit est supérieur à la nature dans la mesure où au contraire, il est libre et ne dépend d’aucune loi. En effet, la nature produit et reproduit selon des lois qui relèvent de la nécessité et ne peut leur désobéir. En revanche, l’esprit est libre dans tout ce qu’il créé, notamment dans le domaine artistique. L’art est libre de créer des règles et n’est pas tenu de respecter les règles déjà présentes. Il peut en dépasser certaines et en créer de nouvelles. Il peut même en changer. Il y a des innovations constantes dans ce domaine tandis que la nature n’est que répétition.
Certes, l’art est création et la nature n’est autre que répétition, mais l’homme ne se comporte pas envers l’art selon ses propres désirs car il n’est pas tenu par ses désirs. L’art exprime l’esprit tout comme la beauté naît de l’esprit. Et elle est supérieure à la beauté naturelle car l’esprit est libre et la nature ne l’est pas. Alors doit-on considérer que le beau est l’adéquation la plus fidèle de la réalité ? En reprenant la définition aristotélicienne qui dit que l’art n’est qu’une simple imitation de la nature, Hegel assigne à l’art un but plus grand et conteste le fait qu’il soit considéré comme une simple copie de la réalité. Certes on jugeait de la beauté d’une œuvre d’art selon sa représentation la plus fidèle qui soit de la chose représentée, or l’art doit aller au-delà de l’imitation car la nature ne peut être égalée par l’art. Il est vrai que l’on ne peut faire plus beau que la nature et que si l’art se résume à cela alors il n’est qu’une caricature de la vie. « On peut dire d’une façon générale qu’en voulant rivaliser avec la nature par l’imitation, l’art restera toujours en-dessous de la nature », dira Hegel, en ajoutant que « l’art est fait pour éveiller en nous le sentiment du beau ».
Néanmoins, s’il est vrai que ce but est sans envergure et que cantonner l’art à créer des formes sans contenu qui existent déjà dans la nature n’est qu’absurdité, alors l’art se doit de symboliser et non pas d’imiter. Un objet deviendrait donc une œuvre d’art seulement s’il fonctionne comme un symbol. Celui qui découvre l’œuvre d’un artiste retrouve l’idée de l’artiste sous une forme sensible, le plaisir esthétique étant le plaisir que prend l’esprit à s’y voir. Cependant, nous dommes davantage émus par l’imitation de l’humain par la nature que l’inverse, dans la mesure où « on met le souvenir à la place de la création artistique » pour Hegel. Par exemple, nous attribuons le chant du rossignol à des sentiments humains comme la joie ou la tristesse, ce qui ne fini de nous émouvoir, et c’est pour cela qu’on le trouve beau.
Et si la beauté rapproche les hommes, c’est parce que l’art renvoi à tous même si nous ne sommes pas sensibles de la même façon. Nous ne sommes pas conditionnés par quelque chose d’extérieur à nous-mêmes lorsque l’on ressent du plaisir en contemplant une œuvre d’art car ce plaisir ne dépend que de nous et que nous sommes libres face à la beauté. Quelqu’un d’ignorant ou d’inculte peut aimer Van Gogh car le rapport à la beauté n’est pas influencé par le vécu. L’art permettant une communion des esprits, créé une fraternité. La beauté est subjective tout en étant communicable.
Récapitulatif :
Comme nous avons pu le voir avec Hegel, l’art est avant tout une recherche du beau et donc peut se définir par le beau. Or, Kant nous a montré que le beau est subjectif, qu’il dépend d’un jugement personnel propre à tout un chacun. Comment donc définir le beau ? Le beau n’est pas conceptualisable ni universalisable, seulement communicable.
Nous pouvons communiquer et partager avec les autres notre plaisir esthétique et cela même dans le silence : le beau réclame un certain recueillement et une attitude contemplative associée à un silence. C’est un silence lourd de sens qui permet une véritable communion esthétique : ressentir des choses ensemble devant une même personne ou un même objet sans forcément que cela se fasse de la même manière. La beauté est subjective tout en étant communicable. C’est pour cela qu’elle rapproche les hommes.
Hegel considérait que l’art, par ses œuvres, lançait une espèce de défi à la philosophie dans la mesure où il parvenait à exprimer par les voies de la sensibilité un rapport spirituel au monde que la raison elle-même ne parvenait pas, ou pas encore, à formuler. Certes, le sentiment du beau est subjectif, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne touche pas à l’universel. L’œuvre d’art a toujours une dimension universelle. Elle peut plaire à tous les hommes, pourvu que leur goût ait été éduqué !
L’art est un langage, une forme d’expression. Même si une œuvre paraît ne ressembler à rien, il y a toujours une unité, une cohérence interne qui vise à exprimer, sous forme sensible, des invariants humains que le discours rationnel n’est pas parvenu à formuler.
2ème Partie :
La tentative de normalisation du goût
1) Une détermination socioculturelle :
Dans la conception anthropologique moderne, il a été communément admis que la culture à laquelle nous appartenons nous permet de communiquer entre nous, et donc, de partager réciproquement nos idées et nos opinions avec nos prochains. Cependant, nous nous adaptons forcément au milieu dans lequel nous vivons, ce qui rend facile la prédiction de nos comportements puisque l’on assiste à une émergence de comportements collectifs, et cela davantage aujourd’hui dans nos sociétés modernes.
L’environnement dans lequel nous évoluons influe énormément sur nos comportements et nos opinions, mais aussi sur l’ensemble de nos représentations du monde. Le langage, les symboles et les systèmes de croyances auxquels nous adhèrons sont constitués de plusieurs idéologies, valeurs et modèles de comportement qui sont transmis par les traditions et qui s’expriment selon plusieurs normes sociales.
Par conséquent, le plaisir esthétique que nous ressentons devant une personne, un objet ou une œuvre d’art est complètement défini et determiné par notre culture, et bien-sûr, par notre époque. Ainsi, si l’on s’intéresse aux représentations de la beauté dans le domaine de l’art, il apparaît alors comme une évidence que la conception humaine de la beauté évolue avec le temps mais aussi qu’elle varie selon les zones géographiques, et donc, selon les différentes cultures des artistes.
En effet, les artistes français de l’époque de la renaissance avaient pour idéal de beauté les femmes rondes, alors qu’aujourd’hui la norme de la beauté en France est définie par la maigreur. Et si l’on compare les différentes conceptions actuelles relatives à la représentation humaine de la beauté, on notera sûrement que celle-ci varie selon les différentes cultures : les chinois admirent la beauté des femmes grandes de taille, les libanais les femmes au nez bien droit, les sahariens les femmes bien en chair, les brésiliens les femmes aux fesses bien rebondies, la tibue africaine des padaungs venus de Birmanie les femmes aux longs cous…
Cet ensemble de facteurs est transmis par plusieurs traditions différentes qui guident les comportements individuels. Ce ne sont pas uniquement des considérations généralisantes fondées sur des préjugés mais bien au contraire, cela prouve que la culture influe sur nos représentations du monde et donc sur l’éventuelle conception de la beauté que l’on pourrait avoir.
D’ailleurs, les « finishing school », qui sont les écoles de bonnes manières, montrent bien qu’il y a une éducation possible du goût puisque celles-ci arrivent à inculquer les notions d’esthétique à leurs étudiants en leur apprenant entre autres à bien s’habiller, à savoir correctement se présenter et donc, à charmer par la beauté extérieure et la beauté intérieure à la fois. Il y a donc réellement des normes de beauté que l’on impose dans nos sociétés.
Par conséquent, l’idée que l’on a du beau est forcément dûe à l’influence que la société exerce sur nous et une éducation du goût est donc possible.
2) L’influence des médias :
« Aujourd’hui, l’esthétique est plus présente que jamais et le pouvoir de séduction tout aussi important ; les femmes les préconisent depuis des années. […] La fillette est elle-même en quête d’identité et en même temps exposée à des modèles féminins très osés et sexuels. Elle reconnaît ses idoles comme des exemples à suivre pour s’initier aux rites de la féminité. De nos jours, les petites filles ne veulent plus jouer à la poupée, elles veulent ressembler à leurs idoles : de Britney Spears à Lorie. Elles sautent des étapes importantes de leur enfance. Les médias sautent à pieds joints dans ce cercle vicieux et encouragent ce phénomène en bombardant la jeune génération avec des idées préconçues et sexuelles. De la télé, aux magazines, aux publicités des grandes chaînes de magasins qui remplissent leurs boutiques de maquillage et de string minuscules, tous rajoutent leurs touches personnelles : Vous n’avez qu’a regarder des vitrines de boutiques comme celle de « La Senza girl » pour comprendre ce phénomène. Ces boutiques tentent de convaincre la fillette incertaine de la voie à suivre », Jannick Chénier.
Les mass médias ont un impact certain sur la notion de beauté que l’on peut avoir, et l’on assiste aujourd’hui à une mondialisation du concept d’esthétique.
Nous absorbons quotidiennement des milliers d’images dans notre inconscient qui nous conditionnent insidieusement, sans même que nous nous en rendions compte. On nous matraque avec les mêmes images reflétant toujours les mêmes femmes androgynes moulées dans des jeans taille 34 et flottant dans leur bottes, ou des autres qui, représentées de façon pornographique, portent des strings fluo sortant de leurs « taille-basse » et dont les seins refaits débordent des décolletés.
En effet, les innombrables publicités, émissions télévisées, films cinématographiques… auxquels nous sommes soumis éduquent notre goût et nous imposent une nouvelle notion d’esthétique à travers les icônes qui représentent un modèle à suivre par tous. Le phénomène de starification auquel nous assistons aujourd’hui pousse les plus jeunes comme les plus vieux à s’identifier à leurs stars préférées, et donc, à rentrer dans le moule normatif qu’est la société.
Par conséquent, les médias exercent indéniablement une grande influence sur nos opinions, attitudes et comportements en régissent notre conscience et en nous imposant des normes de beauté à suivre.
Conclusion
Il est très difficile d’échapper au conditionnement de la culture, et encore mois à celui des médias.
En effet, Raymond Boudon a su démontrer que l’acteur est nécessairement socialement situé et que son insertion dans un ensemble social influençait forcément sur ses comportements.
Nul ne peut nier les déterminations qui pèsent sur nos actes et nos pensées. Même les philosophes les plus enclins à affirmer la liberté absolue de l’homme ont admis, comme le sens commun lui-même, que nos actions étaient déterminées. « Bien plus qu’il ne paraît « se faire », l’homme semble « être fait » par le climat de la terre, la race et la classe, la langue, l’histoire de la collectivité dont il fait partie, l’hérédité, les circonstances individuelles de son enfance, les habitudes acquises, les grands et les petits événements de sa vie » admet Sartre.
Bibliographie
http://largeur.com/expArt.asp?artID=1932
http://pagesperso-orange.fr/cuisine-thailandaise/mypage106.htm
http://roland.tardieu.free.fr/influence_des_medias/
http://www.levaguemestre.org/rubrique.php3?id_rubrique=31
Manuel de philosophie Terminale L – Hatier 2001
Cours de Mr. Antonini – Com’Sup 2007/2008
Remerciements
A Mme Hihi, professeur à L’Ecole Supérieure de Communication et de Publicité – Com’Sup à Casablanca, de nous avoir inspiré un travail aussi intéressant et aux apports culturels immenses.
Récapitulatif complet, mais il manque une chose essentielle dans le paragraphe sur les médias : Comment et pourquoi les médias de masses parviennent-ils à induire de nouvelles normes esthétiques, prenant le pas en quelques années seulement sur des normes jusque là établies depuis des décennies voir des siècles ?
De plus, les normes esthétiques établies avant l’avènement du média de masse étaient relatives au contexte socioculturel ( femme grosse au moyen âge représentant l’opulence des hautes classes sociales etc ) comme vous l’avez stipulé. Mais le mass média ne recrée par un environnement social, il n’est qu’une forme d’autorité parmi les autres ( famille, institutions,… ). Alors comment expliquer ce pouvoir ?
Aussi, vous dites que nos gouts esthétiques sont entièrement conditionné par le contexte social. Cela n’est pas vrai.
La part psychologique de l’individu joue un tout aussi grand rôle. Un homme pourra même en occident aimer les femmes obèses, un autre les femmes à cheveux court, par exemple. Un homosexuel pourra n’aimer que les mâles virils -et toutes les caractéristiques esthétiques qui vont avec- tandis qu’un autre homosexuel pourra n’aimer que les hommes féminisés. Le jugement esthétique, et son prolongement le désir sexuel, est également une affaire d’inconscient. Pour reprendre l’exemple de l’homosexuel attiré par le mâle viril, il est évident que cela est en lien avec « la recherche du père ».
En attente de vous lire!
C’est variment interessant et je voudrais approfondir ce sujet.
Bien à chacun et à tous. La Beauté, c’est arriver à regarder et à voir sans nommer de façon psychologique. La Beauté, c’est arriver à voir la Lumière qui se joue sur les objets, sur les formes. Merci à chacun et à tous.
Wow génial
La beauté reste très relative et éphémère.
Disons que la beauté est éphemère, relative alors on peut pas compter sur la beauté.L’homme beau=L’homme pensant.
N’importe quoi nos gouts en matière de beauté viennent de notre intérieur c’est inné… je vois plein de femme noir dans les magasine et jamais je vais trouver ca beau. Votre conclusion cest de dire que personne sur terre peut trouver Kim Kardashian belle et que ca viennent 100% de lui même… J’espère que cest une blague cest comme de dire tout les plus belle femme du monde ne peuvent pas être trouvé belle a 100% par les gens var yaura toujours une partie d’eux qui les as influencée a avoir cet opinion franchement